dimanche 25 janvier 2015

2015

2015 ne se fera pas oublier de sitôt. La vie pourtant continue  et je suis venue vous présenter mes vœux pour cette nouvelle année. Que 2015 vous soit douce, qu'elle vous offre de belles rencontres et de riches expériences : vivez, vivez intensément ! Levez-vous chaque jour avec la conscience qu'il est miraculeux d'être vivant et armez-vous de courage si d'aventure vous devriez vous extraire d'un rêve qui n'est pas le votre.

De mon côté, après une année 2014 mi-figue mi-raisin placée sous le signe du manque de sommeil, je me souhaite de goûter de nouveau au plaisir de nuits ininterrompues afin de retrouver mon sens de l'humour ainsi que des capacités intellectuelles optimales grâce auxquelles je pourrai de nouveau lire des livres le soir, avant d'aller dormir. Si je pense bien continuer le tricot et la couture, à un rythme certes moins soutenu que l'an passé, c'est surtout l'écriture que j'espère pratiquer de manière plus assidue cette année. Souhaitez-moi donc bonne chance (et une gestion du temps exceptionnelle).


Dans tous les cas, j'espère continuer d'avancer, en dépit de mes doutes et de mes peurs, dans la vie en général et dans ma vie professionnelle en particulier. Est-ce qu’il vous arrive aussi de vous sentir perdus dans votre propre histoire ? Quelles que soient cependant les difficultés que je rencontre, je goûte bien ma chance d'avoir une vie dont le chemin n'est pas tout tracé et je sais comme il est précieux de vivre selon ses propres termes, loin des principes et des idées que d'autres voudraient nous imposer.

Tant pis donc pour les détours et les averses, en 2015, je garde la tête haute et je poursuis mon chemin.

lundi 29 décembre 2014

Extrait de vanille

C'est un drôle de sentiment que de revenir écrire sur son blog après une longue période de silence. Je ne trouve plus mes mots, je ne sais pas par où commencer. Pour être honnête, je me suis demandé si j'allais recommencer. Ma vie aujourd'hui est bien plus remplie que celle de mes débuts sur la toile, il y a plus de dix ans, et les maigres plages de temps libre en fin de journée ont recemment été occupées par l'outil de procastrination le plus redoutable que je connaisse : le tricot.

Si j'ai fini par revenir, c'est finalement pour les mêmes raisons qu'à mes débuts. Parce que j'ai de plus en plus de mal à m'exprimer précisément dans ma langue maternelle et que chaque émotion, chaque sentiment que je peine à exprimer en français semble m'éloigner de mes racines et donc de moi-même. J'ai aussi besoin d'un moyen de partager avec vous qui, comme moi, avez recommencé votre vie aux Etats-Unis, et qui peinez peut-être à trouver vos marques dans ce curieux pays. Si j'utilise déjà facebook pour partager mes bonnes adresses, je n'aime pas le côté éphémère de ce média social et la difficulté d'en naviguer les archives.

Me revoilà donc avec une bouteille d'extrait de vanille maison : qu'en dîtes-vous ?



C'est tellement simple à réaliser : munissez-vous d’une fiole en verre équipée d'un bouchon, glissez-y une poignée de gousses de vanille (disons 5 ou 7), ajoutez un verre de vodka (environ 250 mL) et laissez le temps faire son œuvre, en secouant tout de même la fiole une fois ou deux par semaine. Après quelques jours, la vodka va prendre la couleur d'un caramel, d'abord clair, puis de plus en plus foncé jusqu'à devenir quasi opaque après 6 à 8 semaines. Vous pourrez contrôler la puissance de votre extrait en ajoutant plus ou moins de gousses dans votre fiole et n'hésitez pas à y plonger des gousses un peu (voire complètement) sèches autrement destinées à finir dans la pile à compost. Cet extrait se conserve plusieurs mois à l'abri de la lumière et vous pourrez continuer de l'alimenter de gousses (entières ou en morceaux, vidées ou non), et de vodka.

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Aux Etats-Unis, vous trouverez une grande selection de gousses de vanille (Mexique, bourbon, Tahiti etc.) ainsi que des tubes et autres fioles dans lesquelles conserver son precieux butin, le tout à d'excellents prix sur le site beanilla. Pour la vodka, je vous conseille celle de la marque Rain. A la maison, elle avait remporté tous les suffrages en dégustation à l'aveugle.

lundi 25 août 2014

L'assiette americaine de Blandine (Atlanta)

Au début, il était simplement question de meringues. C'est vrai, ça, où trouver des meringues déjà prêtes aux Etats-Unis ? A la manière d'une bonne élève fière de connaitre la réponse à la question du maître, j'ai répondu au message de Blandine quelques secondes à peine après l'avoir lu. Des meringues, il y en a chez Trader Joe's, dans des containers en plastique transparent au-dessus des légumes surgelés (normal), ainsi qu'au rayon boulangerie de chez Whole Foods, emballés dans des sachets de cellophane (elles ont d'ailleurs l'air dangeureusement gourmandes). L'histoire ne dit pas si Blandine a trouvé les meringues mais, après avoir échangé quelques messages avec cette jeune femme, j'ai eu très envie de faire sa connaissance autour d'une tasse de thé (bien que, soyons honnêtes, je carbure surtout aux lattes en ce moment). A défaut de pouvoir aller lui rendre visite à Atlanta, où elle vit aujourd'hui, je l'ai invitée à partager le contenu de ses valises avec nous. Je vous préviens, c'est une vraie gourmande !



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ?

 Je suis née à Lyon et y suis restée jusqu’à la fin de la première partie de mes études. Lyonnaise dans l’âme (les vacances se passaient été comme hiver à la montagne), mais avec du sang du sud-ouest qui coule dans les veines. Ma mère est du Tarn et mon frère, ma sœur et moi avons passé beaucoup de temps dans cette très belle région où nous continuons de nous rendre chaque année. J’ai été donc très influencée par la cuisine de ma mère et de ma grand-mère qui préparent tout à l’huile d’olive et à la graisse de canard. Ma famille maternelle fait elle-même ses foies gras chaque année (en grosse quantité). Parmi les souvenirs d’enfance figurent le saigneur qui venait à la ferme tuer le cochon, les bassines de sang dans le réfrigérateur pour faire le boudin, et les fouasses dont on s’empiffrait avec les cousins (et qu’on continue de dévorer quand on se retrouve chaque année à la ferme de ma grand-mère). Je suis ensuite partie pour Clermont-Ferrand et deux ans plus tard je me suis rendue à Georgia Tech pour achever mes études en 1997. Mis à part 6 mois de travail à Los Angeles l’année suivante et un retour de 6 mois en France en 1999, je suis donc en Georgie depuis 17 ans.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant aux U.S.A. ?

En tant qu’étudiante et avec un budget limité, j’ai survécu un bon bout de temps grâce aux Ramen Noodles (no comments). Il m’a fallu du temps pour comprendre que si je ne finissais pas mon assiette, ce n’était pas mal poli. L’adaptation aux portions américaines fut un peu longue. Une fois entrée dans la vie active, peu de choses m’ont manqué. Atlanta offre l’avantage d’avoir de très nombreux restaurants, d’excellents chefs et une variété de cuisines incroyable grâce à la présence de fortes populations immigrées venant d’Asie, d’Amérique Latine, d’Europe et d’Afrique. Les Farmer’s Markets de Buford et Dekalb sont exceptionnels. Je trouve plus de choix en fruits et légumes qu’en France. Certes, pas de foie gras et de magret de canard au quotidien, mais mon alimentation a considérablement changé en 20 ans. Je mange beaucoup moins de fromage et de viande, et les bonnes choses du sud-ouest sont maintenant réservées à mes retours en France (et elles n’en prennent que davantage de saveur). Donc rien de bien difficile, je me suis adaptée.


Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?

Je me rends dans plusieurs magasins en fonction des besoins : Whole Foods, Trader Joe’s, Kroger et Publix de temps en temps, et le Buford Farmer’s Market où j’achète tous mes produits frais. J’ai aussi une carte à Costco, mais j’y achète peu de produits alimentaires. Les produits découverts aux USA (mais pour certains disponibles en France) dont je ne peux plus me passer : le kale que j’aime préparer en salade avec une sauce au gingembre, le butternut squash que je ne mangeais pas avant en France, les délicieuses amandes recouvertes de chocolat et de sel de Trader Joe’s (et que je ramène en France pour des amis et la famille), les cheesecakes (en modération, mais j’adore), les glaces de Bruster’s, les panais que j’aime énormément cuisiner, les acorn squash (farcis au four), les Reese’s pieces, les sweet potatoes dont je ne me lasse jamais, et tant d’autres…

 
Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ?

Bon, je sais que ce n’est pas autorisé, mais j’ai souvent ramené du foie gras fait maison de France et je ne me suis jamais faite coincée. Cela fait deux ans que je ne l’ai pas fait car j’ai remarqué qu’il y a de plus en plus de chiens furetant aux douanes d’Atlanta…

Sinon je ramène à chaque fois des confitures faites maison de ma mère (figues/noix, citron/pastèque, fruits rouges, roses - du jardin-, j’ai une maman connue et reconnue pour son talent et sa passion des confitures), beaucoup de chocolat (bien que je sois à présent Américaine, je n’ai toujours absolument aucune appréciation pour le chocolat Hershey que je trouve immangeable), des tartelettes Bonne Maman au chocolat au lait et sel, des galettes et des palets bretons, de la moutarde en grains, des pâtes feuilletées (que je mets immédiatement au congélateur en arrivant). Se glissent parfois d’autres friandises (toujours très appréciées de mes amis américains) et autres spécialités françaises (saucisson…). A Noël se rajoutent les chocolats, truffes et orangettes de ma mère faits maisons qui sont divins et qui sont attendus également par mon social circle à Atlanta. Je limite depuis quelques années, mais il fut un temps où j’avais plus de 20 kg de nourriture dans les valises… ! (et un miracle, la seule chose qui m’ait jamais été confisquée furent des graines de tulipes achetées à l’aéroport d’Amsterdam). J’apprécie pouvoir ramener tout cela, mais si cela n’était pas possible je pourrais tout de même survivre sans.


Un mot pour finir ?

Je tiens à remercier Estelle pour son blog. J’aime beaucoup lire ses expériences culinaires et j’essaye ses recettes régulièrement. Plusieurs figurent dans les plats que je cuisine le plus souvent pour les amis. J’ai imprimé il y a des années de cela son petit guide de survie alimentaire aux Etats-Unis. Il m’est extrêmement utile et c’est la première chose que j’ai envoyée à une de mes cousines quand elle a déménagé avec son époux et leurs 4 enfants de Paris à San Francisco. Et puis un énorme merci pour ta disponibilité Estelle. A deux reprises je me suis permise d’envoyer un email avec une question et j’ai beaucoup apprécié le fait que tu répondes aussi gentiment (et rapidement en plus !).

Oh, Blandine, tu me fais rougir ! Merci à toi de t'être livrée au jeu de l'interview, tes valises de 20 kilos remplies de gourmandises me font rêver,  je regrette vraiment de ne pas vivre plus près de chez toi !! Au fait, tu trouveras les tartelettes Bonne Maman par ici...

mardi 29 juillet 2014

La page des vacances

J'ai arrangé la pile de livres de poche en face du lit, à côté du grand sac en papier Pierre Hermé et d'une boîte Envouthé vide. Les deux numéros de Maison Victor sont dans le salon, sous une pile de magazines que je m'étais promis de lire dans l'avion. A la cuisine, une préparation Marlette pour galettes au sarrasin que je ne me résouds pas à extraire du paquet. En bas, j'ai gardé les coupons de tissu dans le sac blanc du magasin, bien à l'écart de ceux achetés ici. Les perles du Chouette Kit, elles, sont dans une Thé Box rose commandée l'an passé, j'essaie de les oublier pour connaitre le plaisir de plus tard les retrouver.


Ma tête est remplie de mille souvenirs et mon appareil photos d'autant de clichés à trier. J'ai très envie de vous parler de mes retrouvailles avec Sandrine et de ce smoothie que nous avons bu dans une petit parc ensoleillé du 5ème. Je veux vous parler des merveilleux thés de la maison Theodor, ceux que j'ai découverts avec Christie dans un nouveau salon de thé près du Bon Marché. Je pense aussi à cette incroyable gelato à la pistache, celle pour laquelle nous avons suivi Serge à travers Paris et que je n'ai pas voulu partager.

Seulement voilà.

Ecrire me permet de mettre de l'ordre dans mes idées et de passer à autre chose et je ne suis pas sûre d'être prête à quitter le cocon douillet de mes souvenirs.